La gratitude : une qualité de vie au quotidien... un art de vivre ?
La gratitude est la capacité à reconnaître, apprécier et accueillir ce qui est présent et positif dans notre vie, même lorsque tout n’est pas facile. Elle ne consiste pas à nier les difficultés, la douleur ou les manques, mais à porter volontairement son attention sur ce qui soutient, nourrit ou apaise au quotidien.
Pratiquer la gratitude, c’est apprendre à remarquer les petits comme les grands éléments qui contribuent à notre bien-être : un moment de calme, un soutien reçu, une sensation agréable, une relation, un progrès, aussi minime soit-il. Cette posture intérieure permet de sortir d’une focalisation exclusive sur ce qui fait souffrir, sans pour autant minimiser cette souffrance.
Pourquoi la gratitude améliore-t-elle la qualité de vie ?
De nombreuses recherches en psychologie montrent que la gratitude est associée à une meilleure santé mentale, à une diminution du stress et à une plus grande stabilité émotionnelle. En entraînant l’esprit à repérer les ressources plutôt que les seules difficultés, elle favorise un regard plus équilibré sur l’expérience vécue.
Au quotidien, la gratitude peut :
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renforcer le sentiment de satisfaction et de sens,
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améliorer la relation à soi et aux autres,
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soutenir la résilience face aux épreuves,
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favoriser un état émotionnel plus apaisé et plus stable.
Une pratique simple et accessible
La gratitude n’est pas un trait de personnalité réservé à certains : c’est une capacité qui se cultive. Elle peut s’exercer de manière très simple, par exemple en prenant quelques instants chaque jour pour identifier ce qui a été aidant, agréable ou porteur de sens. Avec le temps, cette pratique transforme progressivement la manière de percevoir son quotidien.
Une ressource, même dans les moments difficiles
Dans les contextes de maladie, de douleur chronique ou de périodes de vie complexes, la gratitude peut devenir une ressource précieuse. Elle n’efface pas la souffrance, mais elle permet de préserver des espaces de respiration, de dignité et de présence à la vie, là où tout ne peut pas être contrôlé.
Et moi...
Il y a des vies qui avancent avec une douleur de fond, comme un bruit continu qu’on finit par croire normal. Depuis mes seize ans, la mienne est faite de névralgies constantes, héritées d’une chaîne d’événements commencée plus tôt encore. À treize ans, une chute — depuis le point le plus haut du balancement des anneaux, en cours de sport — a stoppé la croissance de mon radius. Une opération a suivi : une greffe d’os prélevé sur ma crête iliaque pour réparer ce qui avait été brisé. Le corps a tenu. La douleur, elle, est restée.
Alors, j’ai développé des stratégies. Une multitude de petites adaptations invisibles : écrire avec un feutre plutôt qu’un stylo, couper des carottes cuites plutôt que crues, éviter certains gestes, certains efforts. Tout était pensé pour économiser le corps, pour être suffisamment en forme pour les enfants, pour le travail, pour le quotidien. À force, j’ai restreint mon monde. J’ai arrêté toute activité qui dépassait le strict nécessaire. Bouger est devenu fonctionnel, jamais gratuit.
Et puis, un jour, il y a une année a peu près, et presque par surprise !, j’ai découvert qu’il existait des journées sans douleur. Des journées entières. Il a fallu les apprivoiser, celles-là aussi. Réapprendre ce que cela faisait de ne pas avoir mal, de ne pas anticiper chaque geste, chaque mouvement. Réapprendre la légèreté, même fragile.
Avec le temps, la joie de bouger est revenue. Nager. Marcher. Sentir le corps à nouveau comme un allié, et non comme un territoire à ménager en permanence. J’ai même osé renouer avec le ski de randonnée, et me mettre à la grimpe — des choses que je n’aurais jamais imaginé possibles, encore moins accessibles.
Si j’écris aujourd’hui, c’est pour dire merci. Elan de gratitude envers ma famille, toujours là et soutenante. Merci aux soignants qui n’ont pas minimisé, qui ont entendu ma douleur pleurer quand je n’avais plus les mots. À celles et ceux qui ont écouté, ajusté, cherché avec moi. Grâce à eux, j’ai pu traverser ces années, non pas en niant ce que j’ai vécu, mais en le transformant. La gratitude n’efface pas la douleur passée, mais elle éclaire le chemin parcouru — et rappelle que, même après longtemps, d’autres possibles existent.

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